La statistique circule depuis cet été et elle mérite mieux qu'un partage rapide : 55 % des Américains interrogés déclarent publier moins sur les réseaux sociaux qu'il y a cinq ans. Pour une marque qui construit sa promotion sur TikTok et Instagram autour de contenus créateurs, ce n'est pas une curiosité sociologique. C'est le vivier de recrutement qui se resserre pendant que les besoins, eux, augmentent.
Points clés à retenir
- 55 % des personnes interrogées publient moins qu'il y a cinq ans, et 51 % décrivent l'entretien d'une présence en ligne comme du travail.
- Ce qui se tarit, c'est la publication occasionnelle, pas le métier de créateur : le vivier se professionnalise et se réduit.
- Un roster interchangeable coûte plus cher qu'il n'y paraît, car chaque nouveau créateur repaie l'apprentissage de la marque.
- La réponse tient en trois mots : moins de profils, relations plus longues, briefs plus ouverts.
- Le volume d'exposition doit venir de la diffusion, pas du nombre de créateurs recrutés.
Ce que dit la mesure
L'enquête a été menée du 1er au 9 juin 2026 auprès d'un millier de personnes représentatives par âge et par zone géographique. Au delà du chiffre principal, ce sont les motifs qui parlent : 51 % des répondants disent qu'entretenir une présence en ligne « ressemble à du travail », proportion qui monte à 60 % chez la génération Z. Et 47 % ont déjà supprimé une application sociale ou de messagerie à cause du stress ou de l'anxiété qu'elle provoquait. Le détail des résultats est publié dans l'étude Incogni sur la fatigue numérique.
Un deuxième signal complète le tableau : 53 % des répondants sont devenus plus sélectifs sur qui voit leurs publications. La conversation ne disparaît pas, elle se déplace vers les messages privés, les groupes fermés et les comptes secondaires. La presse spécialisée a résumé le mouvement en une formule sèche : le réseau social devient moins social. Pour une marque, cela veut dire que le stock de contenus publics spontanés dans lequel elle piochait se réduit mécaniquement.
Pourquoi la demande, elle, ne baisse pas
Rien dans les usages publicitaires ne pousse à ralentir. Les formats courts se consomment plus vite qu'ils ne se produisent, les plateformes récompensent la fréquence, et les outils de brief se sont industrialisés : le brief Branded Buzz de TikTok permet à une marque de commander une intention créative à grande échelle. La conséquence est arithmétique. Plus de commandes, moins de mains disponibles.
C'est là que les équipes se trompent de diagnostic. Quand le casting devient difficile, le réflexe est d'élargir la recherche et de multiplier les profils testés. Cela rallonge le délai sans améliorer le résultat, parce que le problème n'est pas la taille du filet mais la rareté de ce qu'on cherche : des personnes prêtes à publier régulièrement, en public, avec une marque associée à leur nom.
Le coût réel d'un roster jetable
Le modèle du roster renouvelé à chaque campagne repose sur une hypothèse implicite : un créateur en vaut un autre, et le remplacement est gratuit. Il ne l'est pas. Chaque nouvel entrant demande un cadrage produit, une validation juridique, un aller-retour sur le ton, souvent une première vidéo qui sert de calibrage. Ce coût est invisible parce qu'il est réparti entre le chef de projet, le juridique et le créateur, mais il est repayé intégralement à chaque rotation.
Le contexte économique du métier n'aide pas à recruter large. Dans son enquête de référence sur les revenus, Influencer Marketing Hub relevait que 48 % des créateurs interrogés gagnaient 15 000 dollars par an ou moins. À ce niveau, une collaboration ponctuelle mal payée n'a aucune chance de fidéliser qui que ce soit, et le créateur qui tient dans la durée est précisément celui qui a arrêté d'accepter les missions à l'unité. Si vous voulez situer votre enveloppe avant d'ouvrir un casting, notre estimateur de tarif TikTok donne un ordre de grandeur par volume et par format.
Passer du casting de masse à la relation longue
La bascule utile est simple à énoncer et exigeante à tenir : réduire le nombre de créateurs et augmenter le nombre de vidéos par créateur. Concrètement, un noyau de cinq à huit profils récurrents remplace une liste de trente noms renouvelée tous les trimestres. Les gains apparaissent vite : moins de briefs à écrire, moins de validations, un ton qui se stabilise, et surtout des créateurs qui commencent à proposer des idées au lieu d'exécuter les vôtres.
Les outils de sélection suivent ce mouvement. Les moteurs de recommandation de profils, comme l'agent de casting de TikTok Symphony, accélèrent la présélection mais ne créent pas de disponibilité là où il n'y en a pas. Ils servent à trouver plus vite les bons profils, pas à compenser un vivier qui se contracte. C'est aussi pour cette raison que nous construisons nos campagnes de production de contenus UGC autour d'un noyau stable plutôt que d'une file d'attente de candidats.
Ce que ça change dans vos briefs
Un créateur gardé longtemps ne se brieffe pas comme un prestataire de passage. Le brief d'exécution, qui décrit plan par plan ce qu'il faut filmer, devient contre productif : il neutralise exactement ce que vous payez, c'est-à-dire la façon dont cette personne parle à son audience. Le brief d'intention, lui, fixe le message, les interdits et le résultat attendu, puis laisse la mise en scène ouverte.
Cette bascule est particulièrement nette sur les secteurs où la crédibilité prime sur la production, à commencer par la beauté, où une démonstration filmée dans une salle de bain convainc davantage qu'un plateau. Elle suppose en revanche un cadre écrit sur les mentions obligatoires et les allégations produit, sans quoi la liberté créative devient un risque de conformité.
Un scénario concret
Prenons une marque qui commande vingt vidéos par trimestre. Version roster large : vingt créateurs, vingt onboardings, vingt validations juridiques, un ton différent à chaque fois, et une performance qu'on ne peut comparer à rien puisque aucune variable n'est stable. Version noyau : six créateurs, trois à quatre vidéos chacun, un onboarding par personne. Le volume livré est identique, la charge de coordination est divisée, et surtout les écarts de performance entre vidéos deviennent lisibles, parce qu'ils ne sont plus noyés dans un bruit de casting.
Cette lisibilité est le vrai bénéfice. Elle permet d'apprendre d'un trimestre sur l'autre au lieu de recommencer. Nos études de cas montrent le même schéma sur des campagnes réelles : les enseignements exploitables apparaissent quand les mêmes personnes tournent plusieurs fois pour la même marque.
Questions fréquentes
Le nombre de créateurs diminue-t-il vraiment ?
Ce qui recule, c'est la publication occasionnelle : 55 % des Américains interrogés par Incogni déclarent publier moins qu'il y a cinq ans. Le nombre de créateurs professionnels, lui, ne s'effondre pas. C'est le vivier amateur dans lequel les marques piochaient pour du volume à bas coût qui se réduit.
Faut-il payer les créateurs plus cher en 2026 ?
Plutôt payer mieux ceux que vous gardez. Un créateur qui produit six vidéos sur un trimestre pour une même marque connaît le produit, les contraintes légales et les formats qui marchent. Le coût par vidéo baisse à mesure que la relation dure, alors qu'un roster renouvelé en permanence repaie à chaque fois l'apprentissage.
Comment sécuriser le volume de contenus si le casting devient plus lent ?
En découplant volume et casting. Un noyau restreint de créateurs récurrents couvre le socle de la campagne, et la diffusion payante ou le clipping prend le relais sur le volume d'exposition. Vous arrêtez de faire porter tout le tonnage par le recrutement.
L'IA peut-elle remplacer les créateurs manquants ?
Pas sur la partie qui fait la performance. Les plateformes déploient des étiquettes et des filtres pour signaler les contenus générés, et l'audience valorise encore ce qu'elle identifie comme humain. L'IA aide en amont, sur le tri des candidatures et l'analyse des performances, pas pour fabriquer de la preuve sociale.
Le vivier ne va pas se reconstituer parce que les marques en ont besoin. La bonne réponse n'est pas de chercher plus de créateurs, c'est de traiter ceux que vous avez comme une ressource rare : moins de profils, plus de vidéos chacun, des briefs plus ouverts et un budget qui récompense la durée. Pour suivre les évolutions de casting et de format semaine après semaine, tout est réuni sur le blog Nothing.
